La raison du plus fort

Stop-gavage2
http://sharedwanderlust.wordpress.com/2012/11/15/la-raison-du-plus-fort/
[…]Avant de commencer, quelques mots de vocabulaire :

un.e omnivore, c’est quelqu’un.e qui mange “de tout”, c’est-à-dire aussi bien de
la viande, des produits animaux et dérivés, et des végétaux.

un.e végétarien.ne, c’est une personne qui mange
des produits animaux et qui en utilise (oeuf, lait, fromage, cuir, etc),
qui mange également des végétaux, mais pas de viande (qui provient d’un
animal mort). Un animal, c’est une bestiole avec un système nerveux
central : des mammifères, des oiseaux, des poissons, des limaces, tout
ceux-là sont des animaux et donc pas mangés par les végétariens qui ne
mangent pas de bête morte. Il y a aussi les piscivores (qui mangent du
poisson mais pas de viande) mais j’en ai jamais rencontré.
un.e végétalien.ne, c’est une personne qui ne mange pas de produits animaux et qui
mange du reste.

un.e vegan.e, c’est une personne qui ne mange ni
n’utilise  de produits animaux ou dérivés : ni viande, ni
oeufs/lait/fromage, ni cuir, ni miel (eh oui, les abeilles sont des
animaux) ni produits utilisant des morceaux d’animaux dans leur
fabrication (la plupart des bonbons utilisent de la gélatine de porc,
l’encre de chine est faite à partir de gélatine et d’ivoire…), ni
produits impliquant une exploitation animale ou des tests sur des
animaux. Le veganisme est une affirmation politique :
si les vegan.e.s ne consomment pas tous les produits que je viens de
citer, c’est parce que ces produits impliquent de la souffrance de la
part des animaux. Les vegan.e.s ne sont pas une secte, il n’existe ni
chef.fe vegan.e ni grand livre du veganisme. La tolérance aux produits
est fixée par chanque personne : certain.e.s ne consomment pas des
produits venant d’entreprises qui utilisent des résidus animaux même si
le produit en question est vegan, d’autres sont plus souples.
Évidemment, il existe tout un tas d’autres régimes alimentaires (raw
vegan, fructivores, etc) mais je choisis de ne pas les aborder ici
puisque cet article est consacré à la condition animale.

Vous suivez toujours ? Maintenant, les raisons pour lesquelles je suis végétarienne.

Les animaux destinés à la boucherie sont nourris avec des aliments d’origine végétale
(dans le meilleur des cas). Ces aliments, quand on les fait pousser,
occupent une surface significative de terrain, qui pourrait être utilisé
pour faire pousser de l’alimentation pour les humains. Si toutes les
terres arables du monde étaient affectées à l’agriculture directement à
destination des humains, on aurait de quoi nourrir de façon
satisfaisante et équilibrée à peu près cinq fois la population actuelle
de la Terre.

La viande est l’aliment le plus consommateur d’eau.
Pour faire grandir un boeuf propre à la consommation, il faut 1)
arroser les aliments végétaux qu’il mangera 2) l’abreuver 3) alimenter
en eau la ferme ou le hangar dans lequel il grandit, la laver 4)
alimenter en eau l’abattoir dans lequel il sera tué et découpé. Tout
cela conduit à une dépense d’environ 15 000 (quinze mille) litres d’eau
pour un kilo de viande de boeuf.  (En bouteilles d’eau d’un litre
empilées feraient un mur de huit mètres de haut et quarante mètres de
long…) Ces chiffres viennent d’une excellente infographie sur l’eau
réalisée il y a six mois par Angela Morelli, accessible en ligne là (un des rares
trucs sous Flash que je connaisse qui soit pas trop dégueu, d’ailleurs).

La production de viande est une industrie extrêmement polluante
 à divers niveaux. D’abord, les animaux sont parqués dans des endroits
qui ressemblent à des camps de concentration, dans des conditions de vie
ignobles. Ces endroits immenses sont “rationnalisés” de façon à
produire le plus possible. Cependant, ils produisent extrêmement de
déchets (par exemple les déjections des animaux) qui sont difficilement
traitables ou utilisables, et qui nuisent à l’équilibre environnemental.
En plus de tout ça, les animaux sont gavés d’antibiotiques et
d’hormones (généralement des produits qui sont interdits aux humains en
raison de leur toxicité sur le système nerveux, de leur facteurs
cancérigènes…) voire de produits psychoactifs pour que les conditions
d’élevage ne les rendent pas fous. Donc ces produits se retrouvent et
dans leurs déjections et dans leur viande, et aussi dans les nappes
phréatiques (Source : le livre noir de l’agriculture, Isabelle Saporta,
Fayard). [EDIT] Au passage d’ailleurs, personne n’a
encore trouvé de solution au problème des sous-produits animaux dans
l’élevage de cochons : le liquide produit (mélange de fécès, porcelets
morts, membres de cochons arrachés, seringues vides d’antibios et autres
joyeusetés) pollue non seulement l’eau mais l’air autour des endroits
où on élève ces cochons. L’air peut ainsi être amené à contenir du
monoxyde de carbone, du sulfide d’hydrogène, des métaux lourds, des
nitrates… sans compter les pathogènes qui s’y développent (salmonellose,
streptocoque doré résistant aux antibiotiques et autres joyeusetés. Les
personnes qui sont exposées régulièrement aux émanations de ces
sous-produits (si vous êtes fermier ou fermière, si vous vivez à
proximité d’un tel endroit, etc) développent des pathologies spécifiques
telles que l’asthme, la diarrhée chronique, maux de tête, saignements
de nez…  Les endroits où on élève les cochons sont ceux qui posent le
plus de problèmes environnementaux quand à la gestion des déchets.
(Source : Eating Animals, Jonathan Safran Foer, Back Bay Books, 2010).

Les animaux sont des êtres sentients et possèdent
un système nerveux central, comme les humains. C’est-à-dire qu’ils
ressentent, tout comme nous, de la joie, de la douleur, et des émotions.
Comme je refuse qu’on puisse infliger de la souffrance inutilement à
des humains, je refuse qu’on en inflige à des animaux, parce que les
humains ne sont pas supérieurs aux animaux. Les animaux ne parlent
effectivement pas, mais ce n’est pas pour ça qu’ils sont d’accord pour
qu’on les tue. Ils n’y a qu’à voir la réaction et la volonté de survie
d’une poule qu’on attrappe pour lui tordre le cou pour se rendre compte
que les animaux ne sont généralement pas d’accord pour mourir. De la
même façon que vous n’êtes généralement pas d’accord pour mourir même si
on vous le demande gentiment.

On peut parfaitement se passer de viande ET de produits animaux en vivant sainement.
Le fer et les protéines sont certes contenus dans la viande, mais on
peut aussi les trouver dans d’autres aliments. Par exemple, en associant
lentilles et riz, on peut trouver du fer en quantité suffisante, en
mangeant du beurre de cacahuètes, des pois chiches, du tofu, on ingère
suffisamment de protéines. L’alimentation végétarienne et/ou
végétalienne est riche, variée, pas chère, et délicieuse. (Source :
mangez-vegetarien.com).
Voilà pourquoi on peut tout à fait se passer de tuer des animaux pour
les manger. Je vais maintenant répondre aux arguments les plus
couramment employés par les non-végétariens et/ou les anti-végétariens,
qui la plupart du temps nous font bien rire, mais qui doivent être
adressés aussi parce qu’ils dérivent de manques d’informations ou
d’idées préconçues facilement déboulonnables.

“et la souffrance de la carotte, tu y penses ? ” Argument
classique, auquel on peut opposer le fait que la carotte n’a pas de
système nerveux central, et que donc on ne peut pas prouver sa
souffrance. On peut également ajouter que si tu te soucies de la
souffrance des végétaux, tu peux être végétarien, comme ça tu les
mangeras directement au lieu de manger de la viande dont la production a
nécessité cinq fois plus de végétaux. Et se poser la question du fait
que les gens auxquels on rappelle la réalité d’une situation préfèrent
te culpabiliser au lieu de se remettre en question. (Source : Le cri de la carotte).

– “On a toujours mangé de la viande, c’est la tradition”. On a,
pendant un certain temps, marié les jeunes filles à douze ans après
excision, et c’est pas parce qu’on recouvre ça du qualificatif de
“tradition” que c’est moins barbare.

“Les animaux sont inférieurs aux humains, donc on peut les tuer”.
Ah bon ? J’aimerais bien qu’on m’explique inférieurs en quoi.

“Oui mais les lions mangent des gazelles” ou encore “Ah mais si on
était pas faits pour manger de la viande on aurait pas de canines !”. Je
te suggère d’aller chasser toi-même la gazelle ou tout autre animal que
tu choisis de manger, de le tuer, le dépecer, le vider, et le préparer,
et on verra si c’est si “naturel” que ça pour les humains de manger des
animaux morts. Et puis si tu veux vraiment te comporter “comme
faisaient les hommes préhistoriques”, je t’invite aussi à récupérer des
bouts de viande pourrie après le passage d’un grand prédateur, à
t’habiller en peaux de bêtes, et à refuser tout à la fois l’usage de
l’informatique, de l’automobile et des antibiotiques.

“Vous les végétariens vous êtes des fanatiques extrémistes” : euh
non, on essaie purement et simplement d’informer les gens sur leurs
habitudes alimentaires et leurs conséquences.
“Tous les végétariens/vegans que je connais sont tous blancs et ils
 n’ont pas d’énergie”.  Je veux bien rencontrer ces personnes, mais moi
personnellement les vegans que je connais sont tous bronzés et ont la
pêche. Il n’y a d’ailleurs aucune étude sérieuse qui prouve qu’on ait
besoin de viande pour vivre.

“Mais si tu manges pas de lait tes os vont devenir tous mous et se
casser !”. En fait, non. Le lait est fait par le corps maternel pour
aider l’enfant à grandir. L’estomac de l’enfant possède une enzyme qui
lui permet de digérer le lait, mais pas l’adulte. Le lait de vache est
bon pour les petits veaux, mais pas pour les humains (c’est quand même
plutôt évident, non ?).  Je passe sur les substances ignobles qu’on
trouve dans le lait (antibiotiques, pus, hormones de croissance…), mais
en résumé, manger du lait de vache quand on est un adulte, c’est mauvais
pour la santé.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en France, chaque année, des sommes
énormes sont dépensées pour faire croire à tout le monde que le lait est
bon pour la santé, histoire que les consommateurs en achètent. Pourquoi
? Parce que l’industrie laitière française produit trop et ne sait pas
comment écouler ses excédents (on peut aussi s’intéresser aux
sous-produits de lait et d’industrie du fromage genre Vache Ki*i,
écoulés au Maghreb parce que c’est tellement dégueulasse pour la santé
que même les français n’en achètent plus). Le calcium qui se trouve dans
le lait de vache n’est pas assimilable par les humains. Le lait de
vache est même si riche en protéines que le corps utilise son propre
calcium pour les éliminer. La consommation de produits laitiers
décalcifie les os et favorise, entre autres, l’ostéoporose (et l’acné,
d’ailleurs). C’est donc, finalement, plus chez des lactivores que chez
des végét’ qu’on peut observer des pertes de densité osseuse (source :
veganisme.fr). Par contre, on peut trouver du calcium dans tout un tas d’aliments
végétaux comme céréales, légumineuses, oléagineux…[…]

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